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Artiste(s)

Daria Surovtseva
Muriel G. Masson
Philippe Bréson
Vincent Descotils

Lieu d’exposition

20 Rue des Gravilliers,
75003 Paris

Galerie Hors Champs, Paris
11 mars 2014 au 30 avril 2014
Vernissage le : 11 mars 2014

De Profundis

Peintures, Photographies, dessins, sculptures

L’exposition De Profundis est une tentative de dialogue à l’issue incertaine. Ou disons plutôt : un dialogue dont le souffle intime serait indécis, en étude permanente de lui même.

De Profundis
Vincent Descotils - Photographie numérique

De l’échange épistolaire des œuvres de Daria Surovsteva, de Muriel G. Masson, de Philippe Bréson et de Vincent Descotils, s’esquisse une recherche des profondeurs, une recherche comme un canto orphelin, présente en chacune mais indépendante de toutes.

Dans le prolongement de la confrontation des pratiques artistiques entre elles (sculpture, peinture et photographie), l’abstraction et le figuratif s’examinent et se confondent avec la même interrogation qu’articule la dualité du vivant et de l’inerte.

L’éclatement des formes, dans son magma nébuleux, se fait vision souterraine du corps, là où le corps s’efface tel un souvenir, ou un fantasme, vers ce qui l’a précédé.

Le vivant scrute ce qui est mort et l’inerte imagine le vivant, nous propose de le réinventer, de remoduler son enveloppe charnelle et ce qui le hante. Ce qui le hante, c’est-à-dire l’énergie cryptique qui ouvre l’image, à travers fissures et cavités (stigmates) ; elle en fait un codage qui comme la fractale de la roche, a oublié son message.

De Profundis
Daria Surovtseva — Porcelaine

L’exposition serait une sorte de spéléologie de la mémoire. Se rappeler de ce qui vient des profondeurs. Mais quoi, exactement ? Peut être ce que le langage tait mais que les psaumes crient quand les racines n’en murmurent pas inlassablement l’écho. Elle serait le rêve de l’en dessous, noir et blanc, en négatif.

Faire le pari que ce qui semble endormi dans l’abîme est aussi ce qui enfièvre nos veines, impalpable mais bien alerte.

Hannibal Volkoff

De Profundis
Philippe Breson
De profundis
Muriel G Masson

DE PROFUNDIS

Il y a un champ de chaumes, dans lequel tombe

Une pluie noire.

Il y a un arbre brun qui est là, seul, debout.

Il y a un vent qui siffle et qui cerne des cabanes vides

– Comme ce soir est triste.

 

Près du hameau la douce orpheline

Ramasse encore en passant de rares épis

Ses yeux paissent ronds et dorés dans le crépuscule

Et son sein attend le céleste fiancé.

 

Au retour

Les bergers ont trouvé son tendre corps

Pourri dans le buisson d’épines.

 

Je suis une ombre loin de sombres villages.

Le silence de Dieu

Je l’ai bu dans la fontaine du hallier.

 

Sur mon front passe du métal froid.

Des araignées cherchent mon cœur.

Il y a une lumière qui s’éteint dans ma bouche.

 

La nuit je me suis trouvé sur une lande,

Pétrifié par les excréments et la poussière des étoiles.

Dans le taillis de noisetiers

Résonnaient à nouveau des anges de cristal.

 

Georg Trakl, traduction de Marc Petit et de Jean Claude Schneider

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