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Artiste(s)

Xavier BLONDEAU (France)
Stéphane BOUELLE (France)
Miguel Angel CONCEPCION (Espagne)
Gilbert COQALANE (France)
Alexandre DELECROIX (France)
Cornelia EICHHORN (Allemagne)
Julien GARNIER (France)
Rocio Lopez ZARANDIETA (Espagne)
Olivier POIZAC (France)
Raom & Loba (Argentine-France)
Romuald & PJ (France)
Laurent SANTI (France)
Djan SILVEBERG (Luxembourg)
Jing WANG (Chine)

Lieu d’exposition

20 Rue des Gravilliers,
75003 Paris

Galerie Hors Champs, Paris
26 janvier 2016 au 28 février 2016
Vernissage le : 26 janvier 2016

AMF/03

Peintures, Photographies, dessins, etc...
AMF/03

« AMF/03 » est l’exposition résultante du Happening/Performance « Arbeit Macht Frei/03 » qui s’est déroulé les 21 et 24 octobre 2015 devant le Grand Palais à Paris.

Se déroulant entre le 26 janvier et le 28 février 2016, à la Galerie Hors-Champs, 13 rue de Thorigny, 75003 Paris, elle présente les modules/œuvres d’art utilisés par les quinze artistes internationaux y ayant participé, ainsi qu’une œuvre supplémentaire de chaque artiste.

LE HAPPENING/PERFORMANCE

« Arbeit Macht Frei/03 », est un happening/performance de Djan Silveberg avec la participation de quinze artistes internationaux.

« Arbeit Macht Frei » est une série d’interventions artistiques autour de l’idée du travail, de la valeur Travail à une époque de crise et dans notre société de performance, avec une mise en abîme sur la valorisation du travail de l’artiste, sa visibilité, sur ce qu’il doit faire pour exister à travers le regard des autres…. Le travail de l’artiste est-il seul gage de sa liberté ou bien est-ce un leurre face au diktat du marché de l’art. Le titre Arbeit Macht Frei fait directement référence à cette ambivalence Art/Travail/Marché/Liberté.

/ LE TRAVAIL DE L’ARTISTE ET LE MARCHE DE L’ART /

Les grandes foires (et certains événements internationaux hypermédiatisés du monde l’art qui confirment et renforcent les lois du marché) tendent à présenter aux yeux du public une vision de l’Art limitée par les contraintes et impératifs mercantiles de ce type d’exercice. Les galeries présentes ont tendance à ne sélectionner pour les foires que les œuvres qui correspondent à ce qui est attendu du plus grand nombre, appliquant à elle-même une forme d’auto-censure (d’où cette impression de déjà vu que l’on peut avoir lorsque l’on parcourt les différentes foires). Une concentration du marché autour d’un nombre limité d’artistes, des œuvres formatées tendant à l’homogénéité et à l’acceptabilité la plus large. L’artiste et son travail s’effacent au profit de l’« œuvre-produit » que l’on vient voir et consommer comme les dernière tendances à la mode (l’artiste n’est d’ailleurs généralement pas le bienvenu dans ce genre d’événement). Or, à travers leur hyper-médiatisation, les foires d’art internationales véhiculent aujourd’hui auprès du grand public l’image que l’Art-qui-est-digne-d’intérêt se résume à ce qu’elles présentent, résultant au final à un auto-renforcement du marché autour d’un nombre limité d’artistes. Ces quelques événements internationaux définissent dans la société actuelle le cadre normatif de ce qui est attendu comme jadis à Paris le Salon dictait les normes acceptables et les attentes convenues de l’Art de l’époque.

AMF/03

/ LE TRAVAIL REND LIBRE… /

L’expression « Arbeit macht frei » vient du titre d’un roman du philologue allemand Lorenz Diefenbach, « Arbeit macht frei : Erzählung von Lorenz Diefenbach » (1873), dans lequel les joueurs et les fraudeurs trouvent le chemin de la vertu par le travail. L’expression a également été utilisée en français (« Le travail rend libre ! ») par Auguste Forel, un scientifique suisse spécialisé dans l’étude des fourmis, neuroanatomiste et psychiatre, dans son ouvrage « Fourmis de la Suisse » (1920). En 1922, la Deutsche Schulverein de Vienne, une organisation nationaliste de « protection » des Allemands dans l’Autriche-Hongrie, imprime des timbres d’adhésion avec la phrase « Arbeit macht frei ». La citation est adoptée en 1928 par le gouvernement de Weimar comme un slogan vantant les effets de leur politique souhaitée de grande échelle de travaux publics programmés pour mettre fin au chômage. L’expression « Arbeit macht frei » se retrouve dans les cercles de la droite nationaliste allemande, ce qui explique son adoption ultérieure par les nazis lors de leur accession au pouvoir en 1933, et leur apposition à l’entrée des camps de concentration, notamment Auschwitz et Dachau. Cette expression se retrouve également au Goulag : ainsi, dans les années 1920, on peut voir à l’entrée de l’un des camps des îles Solovki une inscription proclamant « Par le travail, la liberté ! »

Repris par les régimes totalitaires, cette expression vantant les vertus de la réinsertion par le travail est finalement devenue l’archétype même du cynisme appliqué à la liberté individuelle.

Hannibal Volkoff, Djan Silveberg

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