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Artiste(s)

Marie-Pierre Brunel

Dorian Feraud

Léopold Poyet

Lieu d’exposition

20 Rue des Gravilliers,
75003 Paris

Galerie Hors Champs, Paris
du samedi 4 juillet au dimanche 6 septembre
Vernissage le : samedi 4 juillet 2026 de 18 heures à 21 heures

Soleil rouge

Peinture, dessin, photographie

La Galerie Hors-Champs est heureuse de vous inviter à l’anniversaire de ses 15 ans.

L’exposition qui vous est proposée pour fêter ensemble notre nouvel âge se nomme Soleil rouge : un soleil couleur de l’aube, de son incessante naissance, habillée des fières formes qui émergent de l’horizon, mais aussi couleur du crépuscule, intenses minutes précédant l’effacement de ces formes bientôt remplacées par les rêveries, terreurs et jouissances de la nuit.
Une exposition alors entre les premières chaudes lueurs entrouvrant nos yeux endormis et le sévère avertissement pour savoir les fermer ; le soleil d’un monde qui trône dans cette incertaine hypnose. Les artistes sont Marie-Pierre Brunel (peinture et dessin), Dorian Feraud (photographie) et Léopold Poyet (dessin).

 

Dorian Feraud : « Islande » Photographie numérique 75 x 50cm, 2025, édition 1/3
Dorian Feraud :  « Autrans sous la neige » Photographie numérique 40 x 30cm, 2019, édition 1/3

L’histoire se situe dans la continuité des jeux fantasmagoriques d’un très grand nombre de nos expositions passées. Il y aurait eu une guerre (mais alors, ce serait un soleil ensanglanté ?), et nous assistons au retour des soldats, ces pauvres soldats dessinés par Léopold Poyet, aux gueules cassées, dans leurs montagnes. Le chemin qui s’en approche, pris en photo par Dorian Feraud, alterne entre la douceur des paysages reconnus, au grain du souvenir familial, aux couleurs frappantes ou diaphanes selon l’intimité qu’elles remémorent en eux, et leur inquiétante étrangeté comme une contamination, comme s’ils s’étaient imprégnés de la solitude des soldats et de leurs visions de mort. Des paysages qui leur disent : vous avez emporté avec vous la nuit et nous devrons, nous aussi, en témoigner.

 

Léopold Poyet : « Gueule cassée » Crayon graphite sur papier 40 x 30cm, 2021

Le cauchemar qui hante nos soldats pourrait se loger dans les dessins de Léopold Poyet. Des crocs, un hurlement, une présence intérieure sourde qui ne demande qu’à s’extirper par les orifices, et bien sûr ce désir sexuel gluant et tentaculaire attisé par le retour au foyer conjugal. Les animaux qu’ils croient domestiqués semblent retournés à la vie sauvage : les chiens se déchirent la gueule et les
chevaux, ceux de Dorian Feraud, errent comme des entités possédées. Le besoin de réconfort se fait urgent.

 

Marie-Pierre Brunel : « Le Chemin des Arcanes 4 » Acrylique et encre sur papier 100x60, 2025

Marie-Pierre Brunel alors leur proposerait un chemin de croix pour les guider, nommé Le Chemin des Arcanes. Certes, il s’agit aussi d’images de Taro dont la symbolique des plus mystérieuses peut prêter à confusion, mais de ces puissantes femmes dessinées à la craie, communiant avec la forêt et ses monstres, faisant corps avec ces derniers pour mieux les apprivoiser, il jaillit d’abord un geste de réconciliation. Ainsi peut-être le retour au foyer sera une caresse consolante. Les femmes sont peintes dans la forêt, assises, méditatives. En attente ? Mais de leurs incantations au Soleil rouge pour retrouver l’être aimé, serait-il possible qu’elles en aient elles aussi tiré quelque chose d’autre, de l’ordre de la nuit, de l’obscur, de ce qui guète entre le sommeil et l’éveil et dont une nouvelle faim,
finalement, aurait pris le pas ?

 

Les lecteurs de ce texte finiront évidemment par poser la question : pourquoi fêtez-vous votre anniversaire par une inquiétante histoire lovecraftienne ? La réponse est évidente : 15 ans est l’âge où l’adolescent se plonge dans ces fictions dont le symbolisme lui permettra d’appréhender sa vie d’adulte. Il s’agit presque d’un Taro. Il était logique que la Galerie Hors-Champs suive ce sage rituel.

Et qui sait, peut-être que comme nous l’apprennent les alchimistes, voyant ce soleil d’une couleur d’Opus
Magnum
, c’est-à-dire d’or purifié, nous nous dirigeons pas à pas vers notre pierre philosophale…

 

Hannibal Volkoff

 

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