La Galerie Hors-Champs présente

 

Marc Limousin

Peintures, sculptures, photographies, vidéo

 

Exposition du 27 novembre 2014 au 18 janvier 2015

 

 

 

 

 

Se confronter à l’œuvre de Marc Limousin consiste à rentrer dans un univers aux multiples facettes et dont la cohérence est une devinette insistante.

Les vagabondages de l’artiste à travers le monde, à la recherche des impressions et des formes engendrées par les flux de toutes traversées, toujours abstraites, sont ce même parcours de la peinture à la photographie en passant par la vidéo et l’installation. D’une pratique à l’autre, la signification de chacune s’esquisse en s’interrogeant.

 

Or, l’apparition advenant de ce dialogue de l’invisible est justement le leitmotiv de Marc Limousin ; une apparition comme un fantôme, qui hante, et donc conditionne, chacune de ses quêtes. Il y a l’eau, et les ondes l’animant (série de photographie et de vidéo « (M)ondes de rives »). Il y a la matière, et les stigmates la marquant de leur empreinte (série de peinture sculptée « Ariane »).

Il y a l’étalement d’une couleur sur la toile, et la soudaine émergence d’une autre, sortie de son flanc ou peut-être d’un sommeil, elle serait alors rêvée par la première et libérée par sa lumière contenue (séries picturales de 2011 et de 2014).

 

De même, que sont ces captations d’ondes sinon les rêves du courant au mouvement constant ? Marc Limousin parle de « prendre les yeux de l’eau », se mettre à la hauteur de son flot, de sa fuite sans mémoire, pour témoigner de ses visions à hauteur d’homme, à la verticale.

En couleur, dans le « Florilège d’ondes de rives », elles ont les entrelacs tortueux des projections psychiques. En noir&blanc, dans les « Ondes de rives de Sibérie », elles évoquent des radios médicales, diagnostics d’un corps ubiquitaire (notons par ailleurs que la radiographie se réalise avec des ondes électromagnétiques) et en migration permanente dans son propre élément.

 

Ce songe serait celui de l’immobilité. Si le proverbe dit que le torrent ne retourne jamais dans les mêmes rives, alors les photographies d’ondes seraient les réminiscences d’un instant à jamais perdu, le fantasme d’éternité de cet instant.

Dans la majorité des peintures, les formes ne touchent jamais les bords de la toile, elles sont un souffle arrêté, une durée suspendue. Elles en deviennent parfois épurées, pures. Mais le plus souvent elles se révèlent marquées en leur agitation souterraine, voir sculptées par des sillons labyrinthiques, comme un corps portant dans son empreinte génétique le fil d’Ariane qui le sortira, peut-être, s’il le veut, de son mouvement chaotique.

 

C’est cela, une apparition : un point d’arrêt dans l’écoulement des choses, qui pourtant le raconte et l’incarne.