La Galerie Hors-Champs présente

Anniversaire - Nos 10 ans

  

Exposition du vendredi 25 juin au dimanche 5 septembre 2021

  

 

Isabelle Bonté-Hessed2 — Alain Brendel — Philippe Bréson

Arthur Lambert— Ingrid Maillard — Eudes Menichetti Hélène Muheim

Raphaël Neal — Emeline Piot — Norman Reedus

Djan Silveberg — Yaroslav Solop — Hannibal Volkoff — Manon Weiser

 

 

La Galerie Hors-Champs est heureuse de vous inviter à l’anniversaire de ses 10 ans, le vendredi 25 juin 2021. En ces temps grimaçants de morosité et de solitudes, de menaces sanitaires et de craintes sociales, se rappeler de ce havre d’évasion, dans la recherche, l’esthétique, mais aussi la lutte, que l’on nomme l’art. Se le rappeler dans la fête.

Car en cette date symbolique, nous pouvons affirmer être particulièrement fiers d’avoir gardé tête haute parmi les vagues incertaines de succès et de terribles anxiétés définissant le quotidien de ces riches années. Tous nos collègues le savent, tenir une galerie d’art contemporain se vit régulièrement avec l’instabilité de montagnes russes. Mais nous avons su nous confronter aux adversités grâce à votre présence, amis, collectionneurs, acheteurs curieux, qui nous suivez depuis le début ou nous avez découverts par la suite.

Nous célébrons donc notre fierté à nous, Bernard Pegeon et Hannibal Volkoff, mais nous célébrons aussi tous ceux qui ont contribué à la Galerie Hors-Champs, chaque artiste, chaque collaborateur, chaque visiteur nous faisant part de leur soutien. Il s’agit bien d’une fête de l’ensemble de nos expositions, toujours voulues comme des dialogues sensoriels, des contes métamorphes, des questionnements philosophiques. On pourrait imaginer que l’une après l’autre, elles forment les organes d’un corps, mouvant dans l’assemblage de ses thèmes réguliers et de ses contradictions (entre artistes émergeants et établis, entre onirisme et documentaire, entre l’esthétique formelle et l’étude conceptuelle).

 

 

Cette idée d’une galerie comme une créature vivante nous a semblé être un point de départ pour l’exposition accompagnant l’anniversaire. De toutes les rencontres et événements qui l’ont alimentée, sa multitude d’éléments, d’images, de discours, conservés ou oubliés, son histoire forme une unité que l’on qualifierait de fiction hybride. Ainsi, considérant simplement la part de fantastique exaltant nos esprits à l’ouverture d’une galerie d’art, donc de ce torrent d’imaginaires, de labyrinthes de la psyché et de redéfinitions du visible, nous avons voulu revenir sur le thème du mythe, en écho à l’exposition d’ouverture de la Galerie au 20 rue des Gravilliers (75003) après avoir quitté le 13, rue de Thorigny (75003).

Le mythe sera abordé d’abord selon sa définition la plus large, celle du récit transcendantal et fabuleux, d’avant la philosophie, symbolisant des aspects de la psyché humaine. En union avec notre anniversaire, les chœurs de fête, nous avons voulu la découper en trois angles : nouveau corps, nouvel espace, nouveau pouvoir. Chacun des artistes sélectionnés explore la métamorphose, en l’illustrant par des figures (du Surfeur d’argent à l’anthropomorphisme), par la technique (mordançage, distorsions, assemblages photographiques) et par d’oniriques assemblages (magmas de corps, déformation de l’espace, échange dialectique entre abstrait et figuratif).

Puis, dans la seconde partie de l’exposition, nous avons voulu considérer le mythe en le refoulant dans de nombreuses thématiques contemporaines. Une galerie n’est pas faite que de rêveries, elle s’inscrit dans le réel. Dans la continuité des observations anthropologiques et des jeux psychanalytiques, nous avons abordé ces questions sociales actuelles (liées aux histoires personnelles des deux co-galeristes) selon leur manière de porter en elles les figures mythologiques. Le Black Bloc fait ainsi écho aux 300 Spartiates, les féministes aux Amazones, les trans aux hermaphrodites platoniciens, etc… Se rappeler avec humour que nous sommes aussi, peut-être, des descendants de l'Olympe.

On dit que les rêves sont en noir et blanc : c’est certainement pour cela que la partie fantastique des œuvres ne dispose de pratiquement aucune couleur. Elle est rêvée par la partie militante, soufflant sa mémoire, sa chair mystérieuse, sur le réel comme une aspiration. Aux questions politiques du nouveau corps, nouvel espace, nouveau pouvoir, c’est toujours la fiction qui guide nos désirs. Tel est son but. Puisse-t-elle se déployer dans cette exposition par la douce caresse des souvenirs et sous l’auspice des plus joyeux présages, l’hymne bienheureux de nos prochaines années.